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À l’heure où Art Paris célèbre la création contemporaine, une artiste s’est particulièrement distinguée. Le 8 avril 2026, lors de l’inauguration de la foire, le Prix BNP Paribas Banque Privée – Un regard sur la scène française a été remis à Sara Ouhaddou, représentée par la galerie Polaris. Doté de 40 000 euros, ce prix vient saluer le parcours d’une artiste franco-marocaine née en 1986, dont le travail sensible et singulier explore les liens entre langage, mémoire et transmission.
Créé pour mettre en lumière un artiste vivant de la scène hexagonale, ce prix s’inscrit dans une volonté claire : soutenir une carrière en plein essor tout en valorisant le rôle essentiel des galeries dans la diffusion des œuvres. Pour cette troisième édition, la lauréate a été choisie parmi 16 artistes nommés par le commissaire invité Loïc Le Gall, directeur de Passerelle, centre d’art contemporain de Brest, dans le cadre du parcours thématique Babel – Art et langage en France. Un contexte particulièrement adapté au travail de Sara Ouhaddou, qui fait du signe, de la forme et du geste les fondements d’une réflexion poétique et politique sur les cultures.
Chez elle, le langage ne se limite jamais aux mots. Il se glisse dans les motifs décoratifs, les alphabets vernaculaires, les savoir-faire artisanaux, les gestes transmis de génération en génération. À travers la céramique, la sculpture, l’installation ou le dessin, l’artiste interroge la manière dont les formes circulent, se transforment ou disparaissent selon les contextes. Son œuvre ouvre un espace de tension fertile entre oral et écrit, mémoire et matière, héritage et invention.
Ce qui frappe dans le travail de Sara Ouhaddou, c’est cette manière de faire dialoguer des mondes que l’on oppose souvent : tradition et contemporanéité, art et artisanat, transmission et création. En réactivant des formes issues de cultures populaires, elle questionne aussi les hiérarchies du savoir et les mécanismes de légitimation qui ont longtemps relégué certains récits à la marge. Son approche rejoint en cela la pensée d’Amadou Hampâté Bâ, pour qui la parole et le geste constituent des formes essentielles de connaissance.
L’œuvre de l’artiste, volontairement ouverte, ne livre jamais tous ses secrets d’un seul coup. Elle demande du temps, de l’attention, une disponibilité au trouble. Et c’est précisément ce qui la rend si actuelle. Dans un monde saturé de signes, Sara Ouhaddou rappelle que le langage peut aussi être un lieu de fragile beauté, de résistance et de circulation entre les cultures.
Déjà exposée au Mucem, au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, au Z33, au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, à l’Institut des Cultures d’Islam, au Bauhaus de Dessau et à la Cité internationale des arts de Paris, elle s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus singulières de la scène française. Avec ce prix, c’est tout un parcours qui est célébré : celui d’une artiste qui fait du visible un terrain de mémoire, et du langage, une matière à partager.
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