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Lundi 13 avril à 20h30, le film Acogny, l’essence de la danse de Greta-Marie Becker offre une plongée rare dans l’univers de Germaine Acogny, figure tutélaire de la danse contemporaine africaine. La projection sera suivie d’une rencontre avec Wesley Ruzibiza, chorégraphe rwandais et ancien co-directeur de l’École des Sables (2020-2024).
À plus de 80 ans, Germaine Acogny reste une force de la nature. Dans le cadre de son École des Sables, à 50 km au sud de Dakar, elle continue de verser quelques gouttes d’eau pour les ancêtres avant chaque conversation importante. Ce rituel dit l’essentiel : pour elle, la danse n’est jamais séparée du spirituel, de la terre, de la mémoire collective. Depuis plus de cinquante ans, cette femme impressionnante, surnommée la « mère de la danse africaine contemporaine », concilie art, spiritualité et joie de vivre avec une énergie intacte.
Son parcours est celui d’une pionnière. En puisant dans les danses traditionnelles ouest-africaines, Germaine Acogny a inventé un langage chorégraphique moderne, puissant, universel. Elle a su faire dialoguer les rythmes ancestraux avec les exigences de la scène contemporaine, prouvant que les danseurs africains pouvaient porter les plus grandes œuvres du répertoire mondial – du Sacre du Printemps de Stravinsky aux créations les plus audacieuses. Son école est devenue un lieu de formation majeur, accueillant des danseurs de tout le continent et transmettant un savoir-faire alliant technique, mémoire et ouverture au monde.
Ce qui frappe chez Germaine Acogny, c’est sa lucidité. Elle sait que l’Afrique doit d’abord se reconnaître elle-même pour être reconnue. « Nos arts et nos cultures ne sont pas assez valorisés sur le continent », confiait-elle il y a quelques années. La danse y est souvent vue comme un don naturel plutôt qu’un art à part entière. Pourtant, c’est bien cette danse-là que les institutions internationales viennent aujourd’hui chercher, que ce soit pour des collaborations prestigieuses ou des festivals majeurs.
Femme libre dans un monde d’assignations, Germaine Acogny a toujours repoussé les limites. Élevant seule ses deux enfants après un divorce, ouvrant son école pour les nourrir, dirigeant des compagnies d’hommes là où on ne l’attendait pas, elle a incarné une féminité conquérante, assumant ses parts masculines et féminines selon les besoins du moment. « On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir. Chez Germaine Acogny, on devient femme en dansant, en créant, en transmettant.
Pour elle, la danse est une prière. Pas au sens rituel, mais spirituel. Danser, c’est se connecter au cosmos, aux ancêtres, à la joie du corps. C’est aussi une philosophie : être enraciné comme le kapokier pour mieux s’ouvrir au ciel. Cette pensée trouve son incarnation parfaite à l’École des Sables.
Le film de Greta-Marie Becker capte cette force essentielle avec finesse. Il montre une artiste au travail, mais surtout une femme qui a traversé les époques sans jamais renoncer à sa vision : une danse africaine libre, contemporaine, universelle. La rencontre avec Wesley Ruzibiza, qui connaît intimement ce projet, promet d’éclairer sa dimension humaine et pédagogique.
Une soirée pour célébrer une vie dédiée à l’art, à la transmission et à la fierté d’être africaine.
Tarif spécial : 5 € pour les moins de 26 ans.
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