Société

Sandra Tengo-Senou

« Plus forte que le silence » Par Ouafae Mameche Dans « Plus forte que le silence », Sandra Tengo-Senou retrace un parcours de vie entre le Gabon et la France. Sa vie bascule lors d’une première grossesse qui se termine en accouchement précoce : Alexandre naît très grand prématuré et portera un handicap durant toute sa vie. Femme, épouse, mère de trois enfants, aidante, adjointe de direction dans un établissement de santé, Sandra porte de nombreuses responsabilités au quotidien. Pleine de détermination, cette femme de 41 ans est tombée, mais s’est toujours relevée. À travers ses expériences personnelles, elle donne une leçon d’espoir et de résilience à tous ceux qui affrontent des combats en solitaires. Comment s’est déroulée l’écriture de ce livre ? J’avais l’idée depuis plusieurs années, mais je n’osais pas. Je n’arrivais pas à m’asseoir pour l’écrire. Pendant l’écriture, certains souvenirs ont réveillé plusieurs émotions, c’était assez douloureux, ça m’a pris une année. Ce livre est une thérapie, il fallait donc faire le deuil de certains sujets. Que ce soit lorsque je parle de mon enfance ou de mon accouchement, il y a des choses que j’ai enfouies pour me protéger. J’ai ensuite dû travailler sur ces émotions et ce qu’elles ont provoqué en moi. Sur quoi avez-vous travaillé ? Notamment sur mon lien avec mon fils, c’est ce qui m’a permis d’écrire. Je me suis ensuite rendu compte que je n’avais jamais analysé certaines périodes de mon enfance comme le fait de vivre avec ma tante, ou mon exil. Ne pas vivre avec ses parents peut créer un sentiment de manque qu’on transporte dans sa vie et qu’on souhaite combler à tout prix. C’est pour ça que j’ai eu assez tôt le besoin de fonder une famille, d’être mariée — ce que j’ai fait à 25 ans. Pour moi, le mariage représentait une stabilité, je ne voulais pas que mes enfants aient à vivre la même chose que moi — mes parents n’étaient pas mariés —, qu’ils soient séparés de leurs parents. Et quand j’ai eu mon fils, j’ai dû faire le deuil d’avoir un enfant qui puisse être valide. J’ai compris à quel point ce que j’avais vécu petite influençait mes décisions, l’éducation que j’offrais à mes enfants, mon positionnement face à eux, face à la société, à la structure familiale. C’était donc nécessaire d’évoquer votre vie depuis votre naissance. Oui, parce que la manière dont j’ai affronté le handicap de mon fils découle de mes forces et mes faiblesses, et tout ça s’acquiert dès l’enfance puis quand on grandit....

Quelle est votre réaction ?

Laisser une réponse

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Articles connexes

Toute L'ACTUALITÉ à portée de main

Des articles, des vidéos et du contenu exclusifs de femmes inspirantes du monde entier. Abonnez-vous dès maintenant et ne ratez aucun de nos numéros.