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Surya Bonaly, le feu sur la Glace

Figure incontournable du patinage artistique, Surya Bonaly a marqué l’histoire par son audace, sa puissance et son style inimitable. Dix fois championne de France, cinq fois championne d’Europe, triple vice-championne du monde et à trois reprises dans le top 10 olympique, elle a bouleversé les codes d’un sport réputé conservateur. Mais au-delà de ses performances et de son palmarès exceptionnels, Surya Bonaly a surtout conquis le cœur de millions de téléspectateurs. Par son énergie, sa personnalité solaire et son goût du risque, elle a fait aimer le patinage artistique à un public bien plus large que les seuls passionnés. Pour beaucoup, sa manière de patiner incarnait la liberté, la puissance et l’audace. Surya Bonaly entre définitivement dans la légende lors des Jeux olympiques de Nagano en 1998 en réalisant un geste devenu iconique : le backflip, un salto arrière réceptionné sur une seule lame, une première dans l’histoire olympique du patinage artistique, depuis surnommé « le Bonaly ». Installée aux États-Unis, elle poursuit aujourd’hui sa carrière en tant qu’entraîneuse. Une bande dessinée autobiographique, Le Feu sur la glace dédiée à son enfance et parcours a récemment été publié aux éditions Marabulles. Le grand public l’a également retrouvée comme coach d’une équipe de personnalités issues de la téléréalité dans l’émission « Les Apprentis Champions » sur W9, ainsi que dans la série documentaire « Losers » sur Netflix, où des sportifs de haut niveau racontent leurs échecs et montrent que la défaite fait partie intégrante du chemin vers la réussite. Rencontre. Dans votre BD autobiographique « Le feu sur la glace », vous revenez sur votre enfance et votre carrière de patineuse artistique. Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter votre histoire sous forme de bande dessinée ? L’auteure Chloé Célérien, connue pour le roman graphique « Générations Poing Levé », qui retrace le parcours de sportif (ve) s inspirants et engagés tels que Mohamed Ali, m’a contactée, car elle souhaitait faire une bande dessinée entièrement dédiée à mon histoire. C’est une forme originale. Je pense qu’il est important de raconter son parcours autrement que sur Tik Tok ou Instagram. Vous avez grandi dans un cadre atypique, entre la vie à la campagne dans une bergerie rénovée par vos parents adoptifs, entourée de 27 chèvres, et la pratique de nombreux sports (natation, escrime, gymnastique, trampoline, patinage), quels souvenirs gardez-vous de cette enfance si particulière ? J’ai vécu une enfance joyeuse. J’étais entourée de nature et d’animaux, je n’avais pas de points de comparaison, mais je me sentais parfaitement bien dans cet environnement. Je n’avais ni frère ni sœur, alors les animaux faisaient un peu office de famille. Nous avions des chiens, un poney, deux chevaux… J’adorais courir, et je partais souvent avec eux à travers les champs. Notre propriété, située à 30 km de Nice, dans une garrigue assez sauvage, demandait beaucoup d’entretien : il fallait nettoyer, débroussailler pour éviter les départs de feu. On avait tellement de chèvres, que nous produisions du lait, mais aussi du fromage de chèvre. Grandir dans ce cadre m’a appris très tôt la discipline et le sens des responsabilités. Je devais m’occuper des animaux le matin, puis le soir en rentrant de mes entraînements. Cet amour pour les animaux ne vous a jamais quitté, puisque vous êtes engagée depuis plusieurs années pour la cause animale… En effet. Je vis aujourd’hui à Las Vegas, aux États-Unis, où j’ai adopté deux chats que j’ai trouvés dans la rue. Quand je le peux, je m’investis également bénévolement auprès de l’association, la Humane Society, un refuge pour animaux. D’ailleurs, il y a quelques années, ma mère s’ennuyait et je l’ai encouragée à devenir bénévole à son tour dans cette association. C’est une manière, pour nous, de rester fidèles aux valeurs avec lesquelles j’ai grandi. Vous étiez douée dans de nombreux sports. Qu’est-ce qui a fait du patinage artistique votre discipline de prédilection ? J’ai commencé le patinage à l’âge de deux ans, puis la gymnastique vers trois ans et demi. Très tôt, j’ai touché à beaucoup de disciplines : je voulais faire du tennis, mais on m’a demandé d’attendre, car j’étais trop petite. Entre-temps, j’ai beaucoup progressé en gymnastique, une discipline qui m’a tout de suite plu, avant de me tourner aussi vers la danse, le plongeon et le trampoline, que j’ai pratiqués pendant de nombreuses années. À 17 ans, j’ai fait le choix de me consacrer exclusivement au patinage artistique et d’arrêter le tumbling (une discipline de gymnastique acrobatique) et le trampoline. J’étais membre de l’équipe de France de patinage et je voyageais de plus en plus pour les compétitions. Je devais me concentrer pleinement sur une seule discipline, et le patinage s’est imposé naturellement. Pendant plus de dix ans, vous étiez dans trois fédérations françaises différentes : le patinage, le tumbling et le trampoline tout en participant à...

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