Halima Gadji s’est éteinte

Le monde du cinéma africain est en deuil. L’actrice sénégalaise Halima Gadji, 36 ans (ou 37 selon les sources), s’est éteinte dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, des suites d’un malaise soudain survenu lors d’un voyage en France. L’Agence de presse sénégalaise (APS) et le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ont confirmé la nouvelle. Connue sous le pseudonyme de Marième Dial, cette femme engagée, mannequin, consultante mode et entrepreneuse laisse derrière elle une fille de 16 ans et une carrière fulgurante, marquée par des crises de dépression qui ont parfois perturbé son parcours.

Née d’un père sénégalais et d’une mère maroco-algérienne, Halima Gadji grandit entre Dakar et l’Europe, se forgeant une identité cosmopolite qui imprégnera tous ses rôles. Sa carrière décolle en 2013 comme showroom manager pour Samsung, avant qu’elle ne se tourne vers le mannequinat avec l’agence Wakh Art et les spots publicitaires. La révélation arrive avec la série Maîtresse d’un homme marié, où son interprétation de Marième Dial, femme forte et tourmentée, la propulse au rang de star panafricaine. Ce rôle lui vaut le prix de la meilleure performance féminine aux Sotigui Awards 2020et une visibilité internationale via Netflix avec Sakho & Mangane

Sur les plateaux, Halima incarnait des personnages complexes, mêlant sensualité, vulnérabilité et résistance, reflet d’une Afrique contemporaine en mutation. Mannequin au corps sculptural et actrice à l’intensité magnétique, elle excellait dans les séries populaires sénégalaises, devenant une icône pour une génération de jeunes femmes aspirant à l’émancipation culturelle et sociale. Son engagement ne s’arrêtait pas aux écrans : entrepreneuse visionnaire, elle a lancé des castings ambitieux pour des projets comme la saison 2 de Nouvelle Reine, téléréalité diffusée sur Canal+ Afrique, où 300 candidates de huit pays étaient appelées à représenter leur culture.

Ironie tragique : son dernier post Facebook, publié seulement 10 heures avant sa mort, vibrait d’énergie. « Si tu es ambitieuse, authentique, prête à représenter ta culture et à vivre une aventure unique, c’est le moment de tenter ta chance », écrivait-elle, ignorant qu’elle quittait la scène pour toujours. Les circonstances précises de son décès – survenu apparemment à Paris lors d’un tournage ou un déplacement – demeurent floues, certains évoquant un malaise sans pathologie connue, d’autres des soupçons non confirmés.

L’annonce suscite une vague d’hommages. Le ministère sénégalais la décrit comme « une figure majeure de l’audiovisuel sénégalais et africain, femme engagée, passionnée et attachée aux valeurs humaines et culturelles ». Sur Instagram, où elle comptait plus d’un million d’abonnés, fans et collègues pleurent : « Repose en paix au paradis », « Tu t’es battue avec une force immense », « Une étoile s’éteint ». Des productions Netflix à la scène théâtrale dakaroise, tous saluent son charisme, sa générosité et son rôle pionnier dans un cinéma africain encore dominé par les stéréotypes.

Halima Gadji n’était pas seulement une actrice : elle était un symbole de résilience, une voix pour les femmes africaines qui osent rêver grand malgré les tempêtes intérieures. Son départ brutal interroge sur la santé mentale des artistes, trop souvent reléguée au second plan dans l’industrie du divertissement. À Dakar, Paris et au-delà, son héritage perdure : à travers Marième Dial, immortalisée sur les écrans, et les jeunes talents qu’elle inspirait encore hier. Repose en paix, Halima.

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