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The Mighty Sparrow, l’icône du calypso, est décédé

Le calypso perd son roi. Slinger Francisco, connu sous le nom de The Mighty Sparrow, est mort le 27 septembre 2026 à New York, à l’âge de 91 ans. Pendant plus de six décennies, le chanteur et compositeur a porté la voix de Trinidad-et-Tobago bien au-delà des Caraïbes, transformant une musique populaire en formidable outil de récit, de satire et de contestation.

Né le 9 juillet 1935 à Grand Roy, en Grenade, Slinger Francisco arrive à Trinidad avec sa famille alors qu’il est encore enfant. C’est dans ce pays, considéré comme le berceau du calypso, qu’il grandit et découvre la puissance des chants de carnaval. Adolescent, il se produit dans les rues et les fêtes populaires. Son énergie lui vaut le surnom de « Little Sparrow ». Il deviendra ensuite The Mighty Sparrow, le moineau devenu géant.

En 1956, il remporte les concours du Calypso Monarch et du Carnival Road March avec Jean and Dinah, également connu sous le titre Yankees Gone. La chanson évoque les bouleversements sociaux provoqués par le départ des soldats américains de Trinidad et la précarité des prostituées qui dépendaient de leur présence. Avec ce morceau, Sparrow révèle déjà ce qui fera sa signature : une mélodie immédiatement mémorisable, des paroles mordantes et une capacité à saisir les tensions de son époque.

Le calypso devient entre ses mains une forme de journalisme musical. Le chanteur observe la société, commente la politique, se moque des puissants et raconte les relations amoureuses, les conflits culturels ou les petits événements de la vie quotidienne. Il le fait avec humour, ironie, sous-entendus sexuels et une grande liberté de ton.

On doit aussi à Sparrow d’avoir transformé le genre musical. À ses racines folkloriques, il ajoute des influences venues du jazz, de la pop américaine, du funk et, plus tard, de la soca. Son chant gagne en puissance, ses arrangements se modernisent et ses textes circulent d’un pays à l’autre. Il contribue ainsi à faire du calypso un art international, sans le couper de son ancrage trinidadien.

Son répertoire compte des centaines de chansons. Jean and Dinah, Congo Man, Mae Mae, The Lizard, Mr. Walker, Both of Them, Margarita ou Obeah Wedding témoignent de cette créativité débordante. Certaines chansons font rire, d’autres provoquent ou dérangent. Au total, il aurait écrit plus de 500 titres et enregistré plus de 70 albums.

Récompensé à maintes reprises, il remporte huit fois le titre de Calypso Monarch et huit fois le Carnival Road March. Il est également sacré à deux reprises Calypso King of Kings, en 1985 et 1988. Surnommé le « Calypso King of the World », il a inspiré plusieurs générations d’artistes caribéens. et a permis de rendre visible à l’internatonal la culture de Trinidad.

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