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Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme à la tête du gouvernement marocain
Le Maroc vient d’écrire une nouvelle page de son histoire politique. Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement. À 50 ans, l’avocate et maire de Marrakech devient la première femme à exercer la fonction de Première ministre dans le royaume. Sa nomination intervient après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) aux élections législatives du 23 septembre, avec 97 sièges sur 395.
Cette accession au pouvoir n’est pas le fruit d’une apparition soudaine. Elle vient couronner près de deux décennies d’engagement politique et un parcours construit d’abord au niveau local. Fatima Ezzahra El Mansouri est née à Marrakech. Elle étudie le droit aux États-Unis, puis à l’Université de Montpellier, où elle obtient un diplôme d’études approfondies en droit de la distribution et des contrats d’affaires. Devenue avocate, elle aurait pu rester éloignée de la politique mais elle choisit au contraire de s’y engager, convaincue que l’action publique se mesure à ses effets sur la vie quotidienne.
En 2008, elle rejoint le Mouvement de tous les démocrates, créé autour de Fouad Ali El Himma, conseiller du roi. Le mouvement donnera naissance au PAM, formation de centre droit qui entend renouveler le paysage politique marocain. Un an plus tard, Fatima Ezzahra El Mansouri est élue maire de Marrakech. Elle n’a alors que 33 ans et devient la première femme à diriger la ville ocre.
Cette première expérience façonne son identité politique. À la mairie, elle découvre les réalités concrètes d’une métropole de plus d’un million d’habitants : logement, urbanisme, équipements publics, circulation, développement touristique et préservation du patrimoine. Elle apprend aussi à composer avec des intérêts contradictoires, entre les attentes des habitants, les impératifs économiques et l’image internationale de Marrakech.
Son parcours connaît pourtant un revers. En 2015, elle perd la présidence du conseil communal, remportée par le Parti de la justice et du développement. L’épisode ne met pas fin à sa carrière. En 2021, elle retrouve la mairie de Marrakech et devient la même année ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat dans le gouvernement d’Aziz Akhannouch. Cette fonction renforce son expertise sur des dossiers qui touchent directement les Marocains : l’accès au logement, l’organisation des villes et les déséquilibres entre les territoires.
À la tête du PAM, dont elle est la coordinatrice nationale, elle s’impose comme une personnalité capable de négocier. Une expérience qui pourrait lui être utile dans les prochaines semaines. Son parti est arrivé en tête des législatives, mais il n’a pas obtenu la majorité absolue. La nouvelle Première ministre devra donc bâtir une coalition et convaincre plusieurs formations de participer à son gouvernement. La première difficulté de son mandat sera politique : transformer une victoire électorale en majorité stable.
Sa priorité affichée est la jeunesse. Pendant la campagne, elle a promis de « redonner espoir » aux jeunes Marocains, confrontés au chômage, à la hausse du coût de la vie et à un accès encore inégal à la santé et à l’éducation. « Les jeunes traversent une crise et nous devons leur apporter des réponses », déclarait-elle, en insistant sur la nécessité de proposer des solutions concrètes plutôt que de simples discours.
Cette promesse répond à une attente profonde. Les mobilisations récentes ont révélé le malaise d’une génération qui réclame de meilleurs services publics et davantage de perspectives. Certains jeunes envisagent le départ faute d’emploi ou de confiance dans l’avenir. Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc traduire son discours en mesures visibles : création d’emplois, amélioration de la formation, soutien à l’entrepreneuriat et réduction des disparités sociales.
La nouvelle cheffe du gouvernement devra également accompagner la préparation de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Ce projet implique des investissements considérables dans les infrastructures, les transports, l’hôtellerie et les équipements sportifs. Il représente une vitrine internationale, mais aussi un test : les retombées devront bénéficier à l’ensemble de la population et pas seulement aux grandes villes.
Sa nomination est une avancée symbolique majeure pour la représentation des femmes dans la vie publique marocaine. Elle ne devra toutefois pas être réduite à son statut de première femme Première ministre. Les Marocains l’attendent désormais sur sa capacité à transformer cette première historique en changements concrets.
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