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Moliy, la voix ghanéenne qui fait danser la Caraïbe

Le 19 septembre 2026, la chanteuse ghanéo-américaine Moliy a remporté le prix de la chanson dancehall de l’année aux Caribbean Music Awards, organisés pour la première fois à Port of Spain, à Trinité-et-Tobago. Une victoire historique : elle est la première artiste ghanéenne à recevoir cette distinction lors de la cérémonie. Son titre, « Shake It to the Max (Fly) Remix », s’impose ainsi au cœur d’un espace musical longtemps associé aux artistes jamaïcains et caribéens.

La récompense vient couronner une chanson devenue un phénomène transatlantique. Produite par Silent Addy et interprétée avec les artistes jamaïcains Shenseea et Skillibeng, la version remixée était en lice dans trois catégories : chanson, vidéo et collaboration dancehall de l’année. Elle a finalement décroché le trophée le plus convoité. Le morceau avait d’abord connu un succès viral sur TikTok, avant de s’installer dans les classements internationaux, notamment au Billboard Hot 100 et en tête du classement britannique Afrobeats.

Ce succès raconte la circulation nouvelle des musiques noires entre l’Afrique, les Caraïbes et les États-Unis. « Shake It to the Max » ne cherche pas à choisir entre plusieurs héritages : il les fait dialoguer. Les rythmes d’Accra se mêlent à l’énergie dancehall, tandis que la présence de Shenseea et Skillibeng ancre le titre dans la culture jamaïcaine. À travers ce morceau, Moliy contribue à brouiller les frontières entre afrobeats, dancehall, R&B et pop, au moment où les plateformes de streaming et les réseaux sociaux accélèrent les échanges entre les continents.

Née Moliy Ama Montgomery le 4 octobre 2001 à Accra, la chanteuse a grandi entre le Ghana et les États-Unis, notamment en Floride. Son enfance est bercée par les réunions familiales, le gospel et les musiques entendues dans le restaurant et le bar de sa mère. Après un passage à l’université américaine et une expérience dans le commerce, elle revient au Ghana pour se consacrer pleinement à la musique. En 2020, elle publie son premier EP, Wondergirl, avant de poursuivre avec Honey Doom puis Baddies<3 Moliy>.

Son premier grand tournant intervient avec sa participation au remix de « Sad Girlz Luv Money », aux côtés d’Amaarae et de Kali Uchis. Le titre entre dans le Billboard Hot 100 et les classements britanniques, révélant une artiste capable de passer d’un univers alternatif à une pop mondiale sans abandonner ses racines. Sa voix, son goût pour les mélanges et son aisance à collaborer lui permettent rapidement de se distinguer dans la nouvelle scène ghanéenne.

Le prix reçu à Trinité-et-Tobago n’est pas son premier triomphe de l’année. Lors des Telecel Ghana Music Awards, Moliy avait déjà remporté deux distinctions pour le même morceau : meilleure collaboration internationale et meilleure chanson reggae/dancehall. La victoire des Caribbean Music Awards confirme donc une trajectoire ascendante, autant qu’elle valide la portée internationale de son esthétique.

Sur scène, Moliy est apparue vêtue de rouge, tresses et longues manucures, brandissant un trophée noir et or devant le public de la National Academy for the Performing Arts.

Au-delà de la performance, cette récompense célèbre un mouvement plus vaste. Les collaborations entre artistes africains et caribéens se multiplient, créant un langage musical commun, nourri par l’histoire, les migrations et les diasporas. Moliy en devient l’une des figures les plus visibles. Avec « Shake It to the Max », elle ne conquiert pas seulement les dancefloors : elle transforme son identité plurielle en force artistique et affirme que l’avenir des musiques noires s’écrit désormais des deux côtés de l’Atlantique.

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