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Soraya Hakuziyaremye, la finance rwandaise au féminin
Première femme à diriger la Banque nationale du Rwanda, Soraya Hakuziyaremye vient de recevoir le prix « African Woman in Finance Award 2026 », à l’occasion de l’Africa Financial Summit (AFIS), organisé à Luanda, en Angola. Une distinction qui récompense son leadership dans le secteur financier et son engagement en faveur d’une finance plus inclusive. Portrait d’une dirigeante qui entend faire de l’accès des femmes aux services financiers un véritable levier de développement économique.
Le 3 novembre 2026, à Luanda, Soraya Munyana Hakuziyaremye a reçu le prix African Woman in Finance Award 2026, lors de la sixième édition de l’Africa Financial Summit. Cette distinction vient saluer un parcours professionnel construit au croisement de la finance internationale, des responsabilités publiques et de la transformation économique du continent africain. Pour cette dirigeante rwandaise, la reconnaissance est également celle d’un engagement : faire évoluer les systèmes financiers afin qu’ils bénéficient davantage aux femmes et aux populations encore éloignées des circuits bancaires.
Nommée gouverneure de la Banque nationale du Rwanda (BNR) le 25 février 2025, elle est entrée dans l’histoire de son pays en devenant la première femme à occuper cette fonction. Elle avait auparavant exercé les responsabilités de vice-gouverneure depuis mars 2021. À la tête de l’institution monétaire, elle intervient sur des dossiers essentiels : stabilité financière, politique monétaire, supervision bancaire et modernisation du secteur financier.
Son parcours est celui d’une professionnelle qui a acquis une solide expérience bien avant son entrée dans les institutions publiques. Formée à la Solvay Brussels School of Economics and Management, en Belgique, où elle obtient un diplôme d’ingénieur de gestion, elle complète sa formation par un diplôme de management international à la Thunderbird School of Global Management, aux États-Unis.
Elle commence sa carrière dans la banque internationale à Bruxelles, notamment au sein de Bank of New York Mellon et de Fortis Bank. Elle rejoint ensuite BNP Paribas, à Paris, où elle occupe plusieurs fonctions dans la gestion des risques. À Londres, elle poursuit son évolution professionnelle chez ING Bank en qualité de vice-présidente chargée des risques liés aux institutions et aux marchés financiers. Ces expériences dans de grandes institutions européennes lui permettent d’acquérir une expertise approfondie des marchés, des mécanismes bancaires et de la gestion des risques.
De la finance internationale à la transformation économique du Rwanda
En 2018, elle fait le choix de revenir au Rwanda pour mettre son expérience au service de son pays. Elle est nommée ministre du Commerce et de l’Industrie, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2021. Elle participe alors aux réflexions sur le développement des entreprises, les échanges commerciaux et l’attractivité économique du pays. Son passage au gouvernement constitue une étape importante dans sa transition de la finance privée vers les politiques publiques.
Mais c’est particulièrement sur la question de l’inclusion financière que son engagement prend une dimension continentale. Membre du groupe d’expertes du Graça Machel Trust consacré à l’inclusion financière, elle défend une approche qui ne se limite pas à multiplier les comptes bancaires. Il s’agit aussi de permettre aux femmes d’accéder au crédit, de développer leurs activités, d’épargner et de participer pleinement à l’économie.
Elle plaide notamment pour une meilleure éducation financière et numérique, des produits bancaires adaptés aux réalités des entrepreneures et une utilisation des données ventilées par sexe afin de mieux identifier les inégalités. Au Rwanda, les progrès de l’inclusion financière ont été considérables : selon les données nationales FinScope 2024 citées par le Graça Machel Trust, 92 % des adultes avaient accès à des services financiers, contre 21 % en 2008. Cette évolution résulte d’efforts collectifs associant pouvoirs publics, institutions financières et acteurs de terrain.
Soraya Hakuziyaremye souhaite également encourager une représentation plus importante des femmes dans les postes de décision. Son expérience lui a permis de mesurer combien elles se raréfient à mesure que l’on gravit les échelons des grandes institutions financières. Elle considère que leur présence dans les instances dirigeantes doit s’accompagner de changements concrets dans les pratiques de financement et de gouvernance.
Une distinction qui dépasse la réussite individuelle
Avec l’African Woman in Finance Award 2026, Soraya Hakuziyaremye rejoint les femmes africaines qui contribuent à redessiner les contours de la finance sur le continent. Cette récompense, remise dans le cadre des AFIS Awards, distingue les personnalités dont le leadership participe à la transformation de l’industrie financière africaine.
Au-delà de son parcours personnel, son ambition est de contribuer à bâtir des systèmes économiques dans lesquels les femmes ne sont plus simplement bénéficiaires des politiques financières, mais deviennent des actrices à part entière de leur conception et de leur développement.
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