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Kizzmekia « Kizzy » Corbett-Helaire : la première femme noire à mettre au point un vaccin

Il y a des vies qui ressemblent à des romans. Celle de Kizzmekia Corbett-Helaire en est un. « Kizzy », comme l’appellent ceux qui la connaissent, est née le 26 janvier 1986 à Hurdle Mills, un petit bourg de Caroline du Nord, dans une famille nombreuse, entourée de demi-frères et sœurs et de familles d’accueil. Une enfance modeste, mais portée par une mère qui croit en elle et une institutrice de CM1, Myrtis Bradsher, qui détecte très tôt son don. « C’était la meilleure élève en 30 ans de carrière », racontait-elle au Washington Post en 2020.

La suite est un parcours de la détermination. Ele obtient un double diplôme en sciences biologiques et sociologie à l’Université du Maryland, où elle intègre le programme Meyerhoff Scholars, conçu pour les étudiants minoritaires. Puis un doctorat en microbiologie et immunologie à Chapel Hill, ponctué par des recherches sur le virus de la dengue au Sri Lanka. La jeune femme se forge un tempérament de pionnière, curieuse et têtue.

Mais c’est en 2020 que Kizzy entre dans l’histoire. Au National Institutes of Health, elle dirige l’équipe qui co-conçoit le vaccin ARNm-1273, développé avec Moderna en seulement 66 jours. Efficacité : 94,1 %. Des millions de vies sauvées. Elle devient la première femme noire à concevoir un vaccin.

Ce qu’on aime chez Kizzmekia, c’est qu’elle n’a jamais voulu effacer qui elle est pour exister dans le monde académique. Elle joue du Jeezy au laboratoire, porte des tresses à ses entretiens de doctorat. « Il faut être soi-même et laisser les institutions s’adapter à qui nous sommes », dit-elle.

Depuis 2021, elle est professeure à la Harvard T.H. Chan School of Public Health, où elle dirige le Corbett Lab. Les distinctions pleuvent : Prix Hans Sigrist 2024, Pew Biomedical Scholar 2025, TED Fellow 2026.

Mais la chercheuse n’oublie jamais la femme. Elle dénonce le décalage entre les grandes institutions et les quartiers noirs où elles s’implantent sans jamais vraiment s’ancrer. Elle accueille le scepticisme vaccinal avec patience plutôt qu’avec mépris. « Notre science doit aller au-delà des murs de briques », plaide-t-elle.

Kizzmekia Corbett-Helaire, c’est l’histoire d’une femme qui a changé le monde sans jamais renoncer à ses racines, à sa culture, à sa voix. Une leçon de puissance douce.

Source : harvard

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