Moonchild Sanelly fait danser la liberté

Avec son nouvel album The Blueprint, attendu le 4 novembre 2026, la chanteuse sud-africaine Moonchild Sanelly revient aux rythmes de la danse africaine. Une nouvelle étape pour une artiste qui a fait de l’affirmation de soi, de l’émancipation féminine et de l’audace musicale sa signature.

Elle ne ressemble à personne et ne cherche pas à rentrer dans les cases. Cheveux bleus, tenues flamboyantes et voix immédiatement reconnaissable : Moonchild Sanelly s’est imposée comme l’une des artistes les plus singulières de la scène sud-africaine contemporaine. De son vrai nom Sanelisiwe Twisha, elle est née en 1987 à Port Elizabeth, aujourd’hui Gqeberha. Depuis ses débuts, elle revendique une liberté artistique qui dépasse les frontières des genres musicaux comme celles des conventions sociales.

C’est à Durban, où elle s’installe en 2005 pour étudier la mode, qu’elle commence à fréquenter les scènes musicales et poétiques. Elle écrit, chante, expérimente et forge progressivement un univers qu’elle baptise « Future Ghetto Funk ». Un mélange de musique électronique, de hip-hop, de kwaito, de dancehall et de sonorités alternatives, porté par une énergie provocatrice et une parole sans détour.

En 2015, son premier album, Rabulpha!, marque son arrivée sur le devant de la scène. Les collaborations se multiplient et sa notoriété franchit rapidement les frontières sud-africaines. En 2019, elle participe à The Lion King: The Gift, l’album de Beyoncé inspiré du film Le Roi Lion, sur le titre « MY POWER », aux côtés notamment de Yemi Alade et Busiswa. Elle collabore ensuite avec Gorillaz et d’autres artistes internationaux, tout en poursuivant son propre chemin musical.

Mais derrière les rythmes entraînants, Moonchild Sanelly porte un message profondément politique. Elle défend l’autonomie des femmes, la liberté sexuelle, la positivité corporelle et les droits des communautés LGBTQ+. Ses chansons abordent parfois des sujets douloureux — les violences, les relations toxiques, les expériences de domination — sans renoncer à la puissance libératrice de la danse. Pour elle, le dancefloor peut devenir un espace où l’on se réapproprie son corps et sa voix.

Son album Full Moon, paru en 2025, témoignait déjà de cette volonté de raconter toutes les facettes de son existence. Avec The Blueprint, elle ouvre un nouveau chapitre. Ce projet, publié par Mayonie Productions, le label du musicien sud-africain Zakes Bantwini, explore l’Afro-house et l’Afro-tech. L’artiste retrouve ainsi les rythmes dansants de son pays, tout en conservant son identité sonore et son goût de l’expérimentation.

Le titre de l’album, que l’on peut traduire par « le modèle » ou « le plan directeur », résonne comme une affirmation : Moonchild Sanelly entend rappeler qu’elle n’a jamais attendu qu’on lui dessine une place. Elle l’a construite elle-même.

Récompensée au cours de sa carrière pour son travail musical, elle s’inscrit dans la lignée des artistes sud-africaines qui ont transformé la scène culturelle en espace d’émancipation. Son ambition est aussi de célébrer les femmes qui l’entourent, de multiplier les collaborations et de transmettre aux nouvelles générations le goût de l’indépendance.

Avec The Blueprint, Moonchild Sanelly ne propose pas seulement une nouvelle bande-son pour les pistes de danse. Elle rappelle que la liberté peut aussi commencer par un geste simple : oser être soi-même.

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