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Patricia Yao et Ibrahima Ba fondent le Forum Nova 2027
M. Ibrahima Ba
Diplomate de carrière au Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, M. Ibrahima BA est Directeur Général de l’Institut d’Études Prospectives et Stratégiques (IEPS), Président de l’Observatoire International de la Diplomatie Territoriale (OIDT) et Président de la section Sénégal du Haut Commissariat des Diasporas Africaines de France (HCDAF). Il a également représenté le Sénégal auprès de la Délégation permanente à l’UNESCO à Paris.
En tant que co-président, qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager dans le Forum NOVA, et quelle ambition internationale souhaitez-vous donner à cette édition ?
Mon engagement au sein du Forum NOVA repose sur une conviction profonde : l’avenir de l’Afrique dépend avant tout de sa capacité à investir dans son capital humain, à valoriser ses talents et à transformer son potentiel en richesse et en opportunités économiques.
En tant que diplomate, je suis convaincu que les relations internationales ne doivent plus se limiter aux échanges institutionnels et politiques. Elles doivent être des instruments concrets de transformation économique, de transfert de compétences, d’innovation et de création de valeur.
Mon ambition est de donner au Forum NOVA 2027 une véritable dimension internationale, en faisant de Dakar un carrefour de dialogue et de coopération entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie et les autres régions du monde.
Nous devons passer des intentions aux réalisations, des discours aux investissements et des rencontres aux projets structurants. NOVA doit contribuer à construire une nouvelle génération de partenariats fondés sur le partage des connaissances, la formation et la création de richesse.
Quels sont, selon vous, les grands défis du capital humain en Afrique francophone, et quel rôle le Sénégal peut-il jouer dans le renforcement des relations économiques et institutionnelles entre l’Afrique et ses partenaires ?
Le principal défi de l’Afrique est celui du développement de son capital humain. Notre continent dispose d’une jeunesse exceptionnelle, de ressources considérables et d’un potentiel économique immense. Pourtant, nous accusons encore un retard important dans certains domaines essentiels : l’éducation, la formation professionnelle, la recherche, l’innovation et la maîtrise des nouvelles technologies.
Il est urgent de faire de l’éducation une priorité stratégique, de renforcer l’apprentissage des métiers, de rapprocher les systèmes de formation des besoins réels des entreprises et de développer les compétences numériques.
L’Afrique doit également mieux préparer sa jeunesse aux métiers de demain, notamment dans l’intelligence artificielle, les technologies, l’industrie, l’agriculture moderne et l’économie verte.
Le Sénégal peut jouer un rôle majeur en servant de plateforme de dialogue, de coopération et de mise en relation entre les institutions africaines et leurs partenaires internationaux. Sa position diplomatique, son expérience institutionnelle et son ouverture sur le monde constituent des atouts.
Notre objectif doit être de construire des partenariats équilibrés, dans lesquels l’Afrique ne serait pas simplement destinataire de l’expertise extérieure, mais pleinement actrice de la conception et de la réalisation de son propre développement.
Comment la diplomatie économique peut-elle contribuer au développement des entreprises africaines et à la création de nouvelles opportunités de coopération ?
La diplomatie économique doit aujourd’hui être considérée comme un véritable levier de développement et de souveraineté économique.
Elle doit permettre à nos entreprises d’accéder à de nouveaux marchés, de nouer des partenariats stratégiques, de mobiliser des financements, de bénéficier de transferts de technologies et de développer leurs capacités de production.
Je considère que le diplomate du XXIe siècle doit également être un facilitateur d’opportunités économiques. Il doit contribuer à rapprocher les investisseurs, les entrepreneurs, les institutions financières, les collectivités territoriales et les acteurs du développement.
Nous devons encourager la création d’entreprises africaines, soutenir les PME, accompagner les jeunes entrepreneurs et promouvoir une culture de l’innovation.
L’enjeu n’est pas seulement d’attirer des investissements en Afrique, mais de faire en sorte que ces investissements créent des emplois, développent les compétences locales, renforcent les entreprises nationales et produisent durablement de la richesse sur le continent.
C’est cette vision d’une diplomatie économique au service du développement concret que je souhaite promouvoir au sein du Forum NOVA.
Comment comptez-vous mobiliser les institutions, les organisations internationales, les acteurs économiques et la diaspora autour du Forum NOVA 2027 ?
Notre démarche reposera sur une mobilisation inclusive et structurée, fondée sur la complémentarité des compétences et des responsabilités.
Nous souhaitons associer les gouvernements, les institutions publiques, les organisations internationales, les représentations diplomatiques, les universités, les entreprises, les investisseurs, les organisations patronales et la société civile.
Une attention particulière sera accordée à la diaspora africaine, qui représente une richesse considérable en matière de compétences, d’expérience internationale, de réseaux professionnels et de capacités d’investissement.
La diaspora doit être considérée comme un véritable partenaire stratégique du développement africain, et non uniquement comme une source de transferts financiers.
Nous voulons également mobiliser les acteurs de l’innovation et du numérique afin que le Forum NOVA 2027 puisse devenir un espace de coopération autour de l’intelligence artificielle, de la formation, de l’entrepreneuriat et des nouvelles économies.
Notre ambition est de faire de NOVA une plateforme qui fédère les énergies et transforme les volontés individuelles et institutionnelles en engagements collectifs.
Au-delà des rencontres, comment les Cercles, la restitution et le Journal de synthèse doivent-ils faire émerger des partenariats durables et des projets concrets ?
Pour moi, la réussite d’un forum ne se mesure pas au nombre de personnalités présentes ou à la qualité des discours prononcés. Elle se mesure surtout à sa capacité à produire des résultats concrets et durables.
Les Cercles doivent permettre aux participants de travailler sur des problématiques précises, d’identifier les besoins, de confronter les expériences et de faire émerger des propositions opérationnelles.
La restitution doit ensuite transformer ces réflexions en recommandations, en engagements et en feuilles de route clairement identifiées.
Quant au Journal de synthèse, il doit constituer une mémoire stratégique du Forum, mais également un outil de référence permettant de suivre les engagements, de valoriser les initiatives et de faciliter la mise en relation des partenaires.
Je souhaite que chaque édition de NOVA puisse déboucher sur des projets identifiables, avec des responsables, des partenaires, des objectifs et des perspectives de financement.
Nous devons installer une véritable culture du suivi, de l’évaluation et de la redevabilité. C’est ainsi que NOVA pourra s’inscrire dans la durée et devenir un instrument utile au développement des territoires et des économies africaines.
Le gala solidaire du 16 mars soutient EDUC’IMPACT : pourquoi ce choix, et quel lien faites-vous entre éducation, capital humain et développement économique ?
Le choix de soutenir EDUC’IMPACT est particulièrement cohérent avec notre vision du développement.
Je suis profondément convaincu que l’éducation constitue le premier investissement économique d’une nation. Aucun pays ne peut prétendre à un développement durable sans disposer d’une population instruite, formée, qualifiée et capable de s’adapter aux transformations du monde.
L’éducation donne les connaissances, la formation développe les compétences et l’apprentissage permet de transformer ces compétences en savoir-faire et en capacités productives.
C’est pourquoi nous devons investir davantage dans la formation initiale, l’enseignement technique et professionnel, l’apprentissage, l’entrepreneuriat et la maîtrise des technologies.
Il existe un lien direct entre l’éducation, la création d’entreprises, l’emploi et la production de richesses. Une jeunesse bien formée ne représente pas seulement une force démographique : elle devient une force économique, sociale et innovante.
Le gala solidaire du 16 mars doit donc être compris comme un engagement en faveur de l’avenir. Soutenir EDUC’IMPACT, c’est contribuer à faire de l’éducation un levier d’émancipation, d’inclusion et de transformation économique.
Notre conviction est simple : nous ne pouvons pas construire une Afrique économiquement forte sans investir d’abord dans l’intelligence, les compétences et le potentiel de ses femmes et de ses hommes.
Quel message souhaitez-vous adresser aux institutions, aux dirigeants et aux partenaires internationaux pour les inviter à Dakar, du 15 au 17 mars 2027 ?
Je souhaite adresser un message de confiance, d’ouverture et d’engagement à l’ensemble des institutions, des dirigeants, des investisseurs et des partenaires internationaux.
L’Afrique ne doit plus être uniquement présentée comme un continent de défis. Elle est aussi un continent d’opportunités, de talents, d’innovation et de perspectives économiques considérables.
Nous devons aujourd’hui construire ensemble une nouvelle génération de partenariats, fondés sur le respect mutuel, le partage des compétences, le transfert de technologies, l’investissement productif et la création de valeur.
Je souhaite particulièrement attirer l’attention de nos partenaires sur le potentiel de l’intelligence artificielle. L’IA représente une opportunité historique pour l’Afrique de rattraper certaines étapes de son retard technologique, d’améliorer ses systèmes éducatifs, de moderniser ses administrations, de renforcer ses entreprises et de stimuler son développement économique.
Mais cette révolution doit être pensée au service des populations africaines, avec des compétences locales, des infrastructures adaptées et une vision éthique et inclusive.
Du 15 au 17 mars 2027, Dakar doit devenir un espace de convergence des intelligences, des investissements et des volontés politiques et économiques.
Je lance donc un appel aux dirigeants, aux institutions internationales, aux chefs entrepreneurs, aux investisseurs et à la diaspora : venez à Dakar, non pas simplement pour participer à un forum, mais pour prendre part à la construction de solutions concrètes pour l’avenir de l’Afrique.
Le Forum NOVA 2027 doit être le rendez-vous d’une Afrique qui croit en sa jeunesse, investit dans son intelligence, développe ses entreprises et entend prendre toute sa place dans l’économie mondiale
Mme Patricia Yao
Fondatrice de HR Paie Partner, cabinet de conseil spécialisé en stratégie RH, transformation des organisations, management de transition et digitalisation des fonctions RH, Patricia YAO accompagne depuis plus de vingt ans les dirigeants dans leurs enjeux de gouvernance, de capital humain et de performance organisationnelle.
Qu’est-ce qui a donné naissance au Forum NOVA, et pourquoi avoir choisi Dakar pour cette édition ?
Le Forum NOVA est né d’une conviction : le développement des entreprises africaines passe aussi par la valorisation de leur capital humain. Les compétences, le leadership et la qualité des organisations sont aujourd’hui des facteurs essentiels de réussite.
Avec Ibrahima BA, avec qui je copréside le Forum NOVA, nous avons voulu créer un espace de dialogue et de solutions concrètes. C’est à Dakar, au Sénégal, que nous réunirons les acteurs de cette transformation, du 15 au 17 mars 2027.
Vous parlez d’« un pont entre Paris et Dakar » : que signifie-t-il concrètement pour les dirigeants et DRH d’Afrique francophone ?
Il s’agit de rapprocher les compétences, les expériences et les opportunités entre l’Afrique et l’Europe. Nous voulons permettre aux dirigeants et aux DRH de partager leurs pratiques, de découvrir des solutions adaptées à leurs réalités et de développer des collaborations durables.
Les six Cercles stratégiques abordent le leadership, la transformation numérique, les talents, la performance durable, l’investissement dans le capital humain et la diaspora. Lequel vous semble le plus urgent aujourd’hui, et pourquoi ?
Je dirais l’investissement dans le capital humain. Trop souvent, les ressources humaines sont encore perçues comme un coût, alors qu’elles constituent une véritable richesse pour l’entreprise.
Former, fidéliser et accompagner les talents, c’est investir dans la performance et l’avenir de nos organisations.
Quelle place donnez-vous à l’intelligence artificielle « en préservant la dimension humaine » ?
L’intelligence artificielle est une formidable opportunité pour améliorer la productivité, développer les compétences et transformer nos façons de travailler.
Mais elle doit rester au service de l’humain. La technologie peut accompagner les décisions ; elle ne remplacera jamais totalement le discernement, la créativité et les relations humaines.
Que souhaitez-vous que les participants emportent à la fin des trois jours, au-delà des échanges et des recommandations issus des travaux ?
Je souhaite qu’ils repartent avec des solutions concrètes, de nouvelles perspectives et des contacts utiles.
Notre objectif n’est pas simplement de réunir des experts, mais de favoriser des échanges qui débouchent sur des actions et des partenariats durables.
Quel message-clé souhaitez-vous transmettre à vos futurs partenaires et sponsors ?
Je leur dirais que le Forum NOVA est une occasion de participer activement à la transformation des organisations africaines, tout en développant leur visibilité et leur réseau.
Nous invitons les entreprises, les institutions et les partenaires qui partagent cette ambition à nous rejoindre du 15 au 17 mars 2027 à Dakar, au Sénégal, pour trois journées de rencontres, de réflexion et d’opportunités.
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