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Qui est Gabrielle Aboudi Onguéné, éternelle Lionne indomptable ?
Sur le terrain, elle n’a pas besoin de beaucoup de temps pour se faire remarquer. Une accélération, un dribble, une passe glissée dans le dos de la défense : Gabrielle Aboudi Onguéné possède ce talent rare de changer le cours d’un match en quelques secondes. À 37 ans, l’attaquante camerounaise est devenue une figure historique du football africain. En 2026, elle a disputé sa huitième phase finale de Coupe d’Afrique des nations féminine, un record dans l’histoire de la compétition.
Née le 25 février 1989 à Douala, Gabrielle Aboudi Onguéné découvre le football dans les rues de sa ville. Enfant, elle joue avec des garçons de son quartier, sans imaginer encore que le ballon deviendra son métier. Elle fait ses premiers pas dans le club Godicam de Yabassi, à Douala. Son aisance technique et ses qualités de dribbleuse attirent rapidement l’attention. En 2005, alors qu’elle n’a que 16 ans, elle est repérée lors d’un tournoi et rejoint le Canon de Yaoundé. Cette intégration marque le début de sa carrière.
La jeune joueuse poursuit ensuite son parcours aux Louves Minproff, un autre club de la capitale camerounaise. Avec cette équipe, elle remporte plusieurs titres nationaux, dont les championnats du Cameroun de 2009, 2010 et 2011. Elle gagne également la Coupe du Cameroun en 2010 et 2011. Ces succès lui permettent de s’imposer dans un football où les joueuses disposent encore de peu de visibilité et de moyens.
Son entrée chez les Lionnes indomptables intervient en 2008. Elle n’est alors qu’une adolescente, mais sa vitesse, sa spontanéité et son goût du duel en font rapidement une joueuse précieuse. Pour autant, elle doit attendre avant de devenir titulaire. Cette patience construit son caractère : ainsi la jeune joueuse apprend à saisir chaque occasion et à transformer les matches en preuves de son talent.
Avec la sélection camerounaise, elle participe aux Jeux africains de 2011 au Mozambique, où le Cameroun remporte la médaille d’or. Un an plus tard, elle dispute les Jeux olympiques de Londres et inscrit l’unique but camerounais du tournoi. En 2015, elle prend part à la Coupe du monde au Canada. Elle marque notamment contre la Suisse lors d’une victoire 2-1 et contribue à la qualification historique du Cameroun pour les huitièmes de finale.
L’année 2016 reste l’une des plus importantes de sa carrière. Lors de la Coupe d’Afrique des nations organisée au Cameroun, elle conduit l’attaque des Lionnes jusqu’en finale. Malgré la défaite face au Nigeria, elle est désignée meilleure joueuse du tournoi. Cette distinction confirme son statut de grande figure du football africain. En 2016 et 2017, elle termine également deuxième du classement de la meilleure joueuse africaine, derrière la Nigériane Asisat Oshoala.
Pour poursuivre sa carrière, Gabrielle Onguéné choisit ensuite l’étranger. Elle rejoint le club russe Rossiyanka, puis le CSKA Moscou. Ce départ lui permet de découvrir un championnat plus structuré et de se confronter à de nouvelles exigences tactiques et physiques. Elle y remporte plusieurs titres et continue de progresser au contact de joueuses venues de différents horizons. Son expérience européenne renforce sa capacité à s’adapter à des systèmes variés.
Mais c’est avec les Lionnes qu’elle occupe une place particulière. La footballeuse se distingue par ses dribbles, ses changements de rythme et sa capacité à créer des espaces sur le côté gauche. Elle n’est pas seulement une finisseuse. Elle sait provoquer, conserver le ballon sous pression et servir ses partenaires dans les meilleures conditions. Son expérience lui permet aussi de calmer le jeu, d’orienter les plus jeunes et de transmettre les exigences du haut niveau.
Ses coéquipières la considèrent comme une légende. La joueuse Monique Ngock explique apprendre en la regardant et mesure la chance de l’avoir à ses côtés. Pour l’entraîneur Dimitri Lipoff, l’expérience de la Camerounaise constitue un atout précieux. Quant à Gabrielle Onguéné, elle, attribue sa longévité à la discipline, à l’alimentation, au repos et au soin accordé à son corps.
En 2026, elle ajoute une nouvelle ligne à son histoire en participant à sa huitième CAN féminine. Elle devient la première joueuse à atteindre ce nombre de participations. Entrée en cours de match contre le Mali, elle provoque immédiatement le danger sur son aile et manque de peu d’offrir une passe décisive. Seize ans après ses débuts internationaux, elle continue donc d’apporter son énergie, mais aussi une mémoire précieuse à une équipe en pleine construction.
Quelques jours plus tard, les Lionnes indomptables remportent enfin la Coupe d’Afrique des nations en battant le Malawi 3-0 à Rabat, décrochant ainsi le premier titre continental de son histoire. Si Gabrielle Onguéné ne marque pas, elle fait partie de ces joueuses qui ont porté la sélection pendant des années, à travers les finales perdues, les espoirs déçus et les recommencements.
Cette victoire a été récompensée à plusieurs niveaux. La Confédération africaine de football a attribué au Cameroun une prime de deux millions de dollars, soit une augmentation de plus de 900% par rapport à 2018. À Yaoundé, les joueuses et leur encadrement ont également été décorés par le président Paul Biya au rang de chevaliers de l’Ordre national de la Valeur. Une maison a en outre été promise à chacune des championnes.
Pour Gabrielle Aboudi Onguéné, ce sacre arrive comme l’aboutissement d’un long chemin. Il récompense une génération qui avait souvent échoué à la dernière marche et qui a continué à croire en ses chances.
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